LE SALON DES REFUSES

21 septembre 2019

CHRONIQUES D'UN MONDE INCONNU : J'EN AI MARRE DU BIO !

Ah ah ah, voilà que je suis politiquement incorrecte ! Oui j'en ai marre du bio, parce que le bio, c'est pour les riches, et la dictature du Green commence par là. L'écologie, OK, sauver la planète, OK, mais pourquoi sur le dos des pauvres, encore une fois ? 

Quand je fais les courses, j'enrage de plus en plus. Nous vivons à deux sur la retraite, modeste, de mon mari. Moi je n'ai pas droit pour l'instant. Je suis handicapée, mais d'un handicap non reconnu par la Sécu (mais par la Médecine du Travail, qui m'a fait licencier pour inaptitude), donc je n'ai droit à rien. Je toucherai quelque chose à 62 ans, en proportion des années travaillées. En plus, nous avons les deux parents très âgées de mon mari à soutenir. Vu leur retraite à tous les deux, qui ne couvre même pas l'hébergement de mon beau-père seul (Alzheimer), on puise dans leurs économies. S'il arrive quelque chose à ma belle-mère et qu'elle doit elle aussi aller en Ehpad, il faudra qu'on puise dans les nôtres. Car leur toute petite maison sera très très difficile à vendre (tout est à refaire, du sol au plafond). Bref, on fait vachement attention à nos sous.

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Or, de plus en plus, je remarque que le bio gagne du terrain dans les rayons. Je n'en achète pas, parce que c'est trop cher. Je trouve déjà mon caddie exorbitant alors que j'ai l'impression de ne pas mettre grand-chose dedans... Mais certaines marques que j'achetais avant disparaissent au profit du bio. Il y a de moins en moins de choix, partout, tout est bio, bio, bio... J'appréhende le jour où absolument tout sera bio. J'ai l'impression que c'est un super prétexte pour les supermarchés pour vendre plus cher. Sauf que nous, les Français moyens, ça ne fait pas du tout notre affaire... Y a que les bobos qui peuvent manger bio. 

Et quand je dis "manger"... en fait tout devient bio. La crème pour le visage. Le coton à démaquiller. Bientôt le PQ.

Faut-il supprimer un poste du budget ? Mais lequel ? On ne fait pas d'excès, pas de restaurant, pas de spectacles. On part en "vacances", c'est vrai. En France, pas aux Maldives. Il faudrait enlever le poste vacances ? Ben j'ai pas trop envie. Partir une semaine dans une autre région que la sienne, ça fait du bien au moral, des fois. 

Ou alors notre poste bouquins ? Ah non, ça pas question ! 

Il va falloir que j'envisage d'aller chez Lidl. Ils ont peut-être du bio, mais moins cher. Le problème, c'est qu'il n'y en a pas dans mon village, de Lidl ! Ah ah ah ! L'éternel problème. Donc pour y aller, faudrait que je prenne la voiture. Bonjour les économies, bonjour le bilan carbone.

Pourquoi n'y a-t-il que les riches qui ont le droit de manger bio ?

Et bientôt de manger tout court ? Car à l'allure où ça va, on ne trouvera bientôt plus que du bio.

Franchement, il y a quelque chose qui m'échappe.

Et ça m'énerve drôlement.  

Sauver la planète, oui. Mais que les riches nous aident !!!

 

 

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20 septembre 2019

CHRONIQUES D'UN MONDE INCONNU : DILEMME QUOTIDIEN...

Récemment, nous sommes allés passer deux jours au Puy du Fou, parc d'attraction historique assez génial il faut le dire. Je suis persuadée que, vu son aura, dans le monde entier désormais, toute la problématique pollution/environnement/énergie fait partie de leurs sujets de prédilection. Il n'empêche que... y a encore du boulot ! Je ne leur jette pas la pierre, qu'on ne s'y trompe pas. Je dis juste qu'il y a du boulot... sur toute la planète, pas que chez eux.

Il y avait des poubelles de tri partout. Bien. Mais à mon avis, elles ne sont pas assez spécialisées et précises : il y a des petits dessins, mais ce n'est pas évident ; celle pour les bouteilles plastique et les canettes en métal, OK c'est clair, mais pour les emballages, le papier, et le  tout-venant, ça l'est moins. On se pose sans cesse des questions : je mets où le papier entourant ma glace, dans "papier" ou dans "tout venant" ? Je mets où mon gobelet en papier-plastifié ? La boîte en carton de mon wrap ? Est-ce que ça va avec le papier ? Ce n'est pas toujours très clair... mais ça ne l'est pour personne. D'autant que chaque commune a ses propres prescriptions... Saluons néanmoins la bonne intention et l'effort.

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Cela dit, pour le déjeuner, à moins d'avoir emporté son pique-nique (je n'arrive pas à m'y faire : ça fait encore un truc de plus à traîner), et à moins d'être Crésus (les restaurants sont super chers... ça en plus de votre billet d'entrée, ça coûterait un bras), il ne reste que les fast-foods. OK. Donc. Force est de constater que les couverts sont en plastique, dans des étuis en plastique transparent. Pas bien. La question est : avons-nous encore le temps ?

Belle surprise : avec mon gobelet de crumble à la pomme, j'ai une petite cuillère en... bois ! Qui fait l'objet de toute mon attention ! Or je constate d'abord que je vais encore avoir un problème de tri : papier ? tout-venant ? Je n'en sais rien. Du coup j'ai fait l'association : papier = bois - bois = papier. Je l'ai donc mise avec le papier (tout comme les cartons d'emballages... alors que ce n'est pas indiqué sur les poubelles). 

Mais ensuite, je dois avouer que cette petite cuillère en bois, toute nouvelle, toute écolo-compatible et donc fort sympathique... n'était pas du tout agréable au palais ! Pas assez lisse sans doute. Rugueuse, râpeuse, pas top. Et les aliments glissent mal dessus, et même une fois le tout dans la bouche, on a l'impression que la langue va rester collée. Expérience peu positive donc. Mais s'il faut en passer par là pour sauver la planète, bien sûr que nous le ferons !

Affaire à suivre.

Par contre, nous avons pu constater la circulation incroyable de bouteilles d'eau en plastique ! Vu la foule, je me demande combien il en faut pour une journée ! Et à la fin de la saison, ça doit se traduire par une montagne de plastique !

Là, pour être tout à fait honnête, je dois avouer que... nous avions oublié nos gourdes ! On a donc nous aussi participé à la gabegie. 

PAS BIEN. PAS BIEN. PAS BIEN.

 

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19 septembre 2019

CRITIQUE CINEMA : LES DERNIERS JOURS DU MONDE - 3/10

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Un film de Jean-Marie et Arnaud Larrieu (2009 - France) avec Mathieu Amalric, Karin Viard, Catherine Frot, Clotilde Hesme, Sergi Lopez, Omahyra Mota

Apocalypse à la française (dans les deux sens du terme...)

L'histoire : Biarritz. Guerre mondiale. Les gens continuent à vaquer à leurs occupations tant bien que mal. Robinson rencontre Laetitia, dont il tombe éperdument amoureux mais qui s'avère mystérieuse et aussi insaisissable qu'un courant d'air. Cette liaison provoque l'explosion de son couple, et Robinson se met à parcourir la France et l'Espagne à la recherche de sa dulcinée. Et vivra entretemps une autre aventure avec la libraire de son quartier.

Mon avis : Une histoire d'apocalypse mise en scène par des Français ! Pas banal, non ? Il est clair que ça ne ressemble en rien aux blockbusters américains, ce qui peut être une bonne chose, entre nous soit dit. L'ambiance est tout à fait différente et originale. C'est le seul point fort du film. Pas de clichés, pas de mélo, pas de bon samaritain sauveur de l'humanité, pas de scientifique dépassé par les événements... Pourtant, elle est bien là, en arrière-plan, la fin du monde : attaques mondialisées de missiles nucléaires, guerres bactériologiques et chimiques, tous les pays sont à feu et à sang, les cadavres jonchent les rues, les militaires et les ambulances sillonnent les villes... Mais les personnages vivent ça de façon très "réaliste". Ils ne courent pas dans tous les sens comme les Américain, à la recherche de Pierre, Paul, Jacques, ils n'en appellent pas à Dieu et ses châtiments. Non. Ils continuent de vivre le mieux qu'ils peuvent, tentent de sauver leur peau selon les dangers qui se présentent, ou pas. Très fatalistes en somme. Et j'ai vraiment adoré ce point de vue.

Mais à part ça... c'est quoi le message ? Ce fatalisme, justement ? Bof. On s'en fout un peu ; le fatalisme n'est pas un bel objet cinématographique, puisqu'il n'y a pas de lutte contre l'agresseur, de lutte pour survivre à tout prix. Ce qui paraît tout de même un tout petit peu bizarre en de si terribles circonstances. Le héros, avec sa nonchalance et sa désinvolture, est agaçant ; on ne sait pas ce qu'il veut, ce qu'il cherche. On dirait qu'il se fout complètement de la guerre. Tous les personnages sont assez antipathiques, du reste. Faire comme si la guerre n'existait pas... c'est pas humain, comme réaction, même si le concept, au sens philosophique, est intéressant.

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Il n'y a pas d'histoire à proprement parler : nous assistons aux déambulations de Robinson qui passe d'une maîtresse à l'autre, incluant son ex-femme, qui se balade d'une ville, d'un pays à l'autre, au gré des événénements. Il fait quoi comme boulot au fait ? Il vit de l'air du temps ? Pas si "réaliste" que ça finalement. Et tout ça est bien chiant, disons-le tout net. Et parfois un peu compliqué au début car l'histoire se déroule avec de nombreux flash-backs assez mal intégrés et on ne sait plus toujours où on en est.

J'ai également trouvé bizarre le choix de la jeune mannequin Omahyra Mota comme maîtresse d'Amalric. Longue, très longue, androgyne, les cheveux hyper courts, on dirait un garçon. Etait-ce pour nous dire que le héros a des tendances homo latentes ? Mais on s'en fout, non ? Il manque de passer à la casserole sur la fin lorsque son meilleur ami fait son coming-out, un peu tardivement. Mais c'est quoi le message ? Vu l'inconstance et l'inconsistance du personnage, cette sexualité brouillée n'est pas un sujet en soi. Et sur un plan esthétique et romanesque, le petit Mathieu fait carrément ridicule auprès de sa belle inconnue, et du coup leur histoire d'amour semble plus qu'improbable, et n'éveille aucune émotion chez nous.

Le film se résume à une suite de saynètes qui au bout du compte n'ont pas trop de sens. Et dans ce vide intersidéral, les acteurs ont bien du mal à tirer leur épingle du jeu. On se concentre alors sur leurs tics : Frot est énervante, Amalric endormi, Viard surexcitée, Lopez moitié effrayant... On ne voit pas les personnages de ce film, on voit les comédiens dans des rôles marquants de leur carrière, avec les stéréotypes correspondants.

Il y a cependant une très courte mais sublime apparition de Sabine Azéma, dans une scène totalement barge et amusante. Et l'image finale n'est pas mal, nous rappelant qu'on était bien dans une histoire de fin du monde.

Un film vraiment étrange, au scénario tout mou, aux acteurs peu investis et à l'objectif mystérieux. De quoi veulent nous parler les frères Larrieu ? Ca aurait été bien de nous donner les clés... vu que ça dure deux heures et qu'on finit par s'ennuyer ferme. On pense vaguement à Eyes wide shut et au parcours initiatique de Tom Cruise dans un univers déboussolant et érotique. Mais on est très loin de la force de Kubrick et du charisme de Tom.

On remarque que le sous-titre du film est "enfin libres !". M'ouais. Ils vont bientôt mourir et ils ont le droit le courir à poil, c'est ça ?

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A noter : un festival de kikis et de minous ! Tout le monde y passe sauf la pudique Catherine Frot qui a dû batailler ferme, sans doute, pour ne montrer qu'une chaste épaule dénudée. Par contre, les autres nous dévoilent leur intimité, ce qui est étonnant, vu qu'on s'en fout totalement. A quoi ça sert ? Symboliser la mise à nu des personnages face à l'adversité ? Tu parles ! Facile ! Trop facile ! Et prétexte à nous montrer des sexes, histoire d'attirer la foule. On appréciera seulement que, pour une fois, il n'y a pas que les filles qui soient obligées de se mettre à poil. Même que Sergi Lopez a un gros kiki (ou semi érection ?).

Mais cette révélation sublime ne suffit pas à faire un bon film... loin s'en faut.

 

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17 septembre 2019

CHRONIQUE D'UN MONDE INCONNU : ILS NE SONT PAS PRETS...

J’ai toujours habité MaVille (je ne cite pas son nom, c'est une des grosses métropoles françaises)… jusqu’en 2002. L’appartement où nous habitions avec mon mari nous convenait parfaitement. Il se trouvait à proximité des bus pour le centre-ville, ses magasins, ses cinémas, ses restaus... et en bas de la rue nous avions un immense parc public qui longeait la rivière pendant des kilomètres. Que l’on pouvait parcourir à pied, à vélo, sans modération, en ayant l’impression d’être en pleine campagne.

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Ici, on coupe les arbres...

Donc on était très bien.Mais notre quartier est devenu moins paisible ; des bandes venues de la cité d’à côté visitaient régulièrement les voitures et les caves. Ma Clio a failli être volée trois fois. Je suppose que les bad boys ont été « dérangés » dans leur besogne car à chaque fois, je retrouvais ma portière défoncée, le Neiman explosé, les fils dénudés… mais toujours là. La rue était étroite et les pressés qui voulaient absolument passer alors que deux voitures avaient du mal à se croiser, ont arraché plusieurs fois mon rétro ! Cela faisait beaucoup de frais, non remboursés par les assurances.

Parallèlement, l’immeuble est devenu très bruyant : le hasard a voulu que plusieurs appartements se libèrent rapidement les uns après les autres. De nouveaux occupants arrivaient, refaisaient tout du sol au plafond et quand ils avaient enfin terminé de faire leur boucan, c’était une autre famille qui emménageait. On a baissé les bras. On a voulu, non pas quitter MaVille, mais trouver une petite maison. Avec un petit jardin, dans un quartier tranquille.

Mais malheureusement, les prix de l’immobilier en ville ont flambé. Rien n’était dans notre budget. Il fallait s’éloigner, dix kilomètres : encore trop cher, vingt kilomètres : ça allait. On s’est dit : pourquoi pas ? Comme j’étais persuadée que j’étais « une fille de la campagne », l’idée d’habiter un petit bourg au milieu du vignoble m’enchantait.  

La première année fut heureuse. Notre lotissement était juste en bordure de commune. De beaux platanes sur le trottoir. De l’autre côté du pâté de maison : des champs, des vaches, des arbres. Au bout de la rue : des vignes ! Et un jardin sympa. C’était cool !

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...on fait des jardins en goudron...

Sauf que j’ai rapidement compris que je n’en profiterai pas beaucoup. Je n’y avais pas pensé avant (c’est ça, les gens de la ville…), mais qui dit jardin, dit tondeuses dans tout le quartier tous les samedis où il fait beau. Mais aussi dans la semaine ! Entre les retraités, les chômeurs, les RTT, il y en a toujours un, à un endroit, à n’importe quel moment, qui manie la tondeuse, ou la tronçonneuse, ou le taille-haie… A CHAQUE fois que je me suis dit « Oh, quel joli temps ! Je vais m’installer sur la terrasse pour lire. », à CHAQUE fois je suis rentrée dans la maison dans les cinq minutes. Un engin avait démarré quelque part. Et c’est de pire en pire car l’agglomération s’agrandit, et comme les terrains sont très demandés, les nouveaux sont tout petits, pour faire plus de maisons ; les grands sont mêmes sollicités par les promoteurs pour être coupés en deux, afin de construire un deuxième home sweet home là où il n’y en avait qu’un. Résultat, ça fait deux fois plus de monde, deux fois plus de bruit, deux fois plus de béton, et deux fois moins d'arbres (car un grand jardin a des arbres, un petit non) !  

Souvent, quand je pars jardiner… paf une tondeuse qui se met en route. Bon, tant pis, on ne peut pas faire autrement. Puis une deuxième ! Et une troisième ! Ça m’exaspère ! Je rentre au calme à la maison. C’est plus bruyant qu’en ville, ce bled ! Et il y a les crottes de chat à ramasser ! Tous les voisins ont des matous qui gambadent en liberté comme ils veulent... Ils grattent les plantations, laissent leur popo partout, on met les mains dedans quand on veut tailler une plante, un vrai bonheur... J'ai même eu des bébés chats abandonnés par leur mère et j'ai dû appeler les Urgences animales !

Moi qui venais ici croyant que j’entendrais chanter les petits oiseaux !

Les prix sur MaVille continuant à augmenter, les petits bourgs dortoirs comme le nôtre sont très demandés, comme je l’évoquais plus haut. Dédoublement de terrains. Construction de nouveaux lotissements à perte de vue. Là où au tout début nous allions nous promener le dimanche, en pleine campagne, c’est désormais bétonné de partout. Il surgit de nouvelles maisons tous les jours. Et des grues, encore des grues. Les champs disparaissent, les arbres sont coupés. Place au macadam. Les gens n'ont plus l'envie (le temps ?) de jardiner, alors les devants des maisons sont tous goudronnés, et en guise de fleurs : des voitures en veux-tu en voilà ! Autrefois, depuis notre jardin, on ne voyait que des arbres dépasser au-dessus de nos haies. Ajourd'hui, ils ont tous été enlevés, on ne voit que des murs et des toits... Quand sortent les barbecues, bonjour les odeurs de sardine ou de merguez, la dame qui rit très fort et le monsieur qui raconte sa vie comme si tout le quartier était intéressé. On se croirait au camping. Car maintenant toutes les maisons sont les unes sur les autres, les terrains étant coupés en deux au fur et à mesure des départs.

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...on marche sur la route vu que les trottoirs sont pris...

Il y a deux ans, on a même déraciné nos merveilleux platanes, dans notre rue. Ils enfreignaient la législation soi-disant, empêchant le passage des poussettes et des handicapés. Sauf que désormais… les voitures se garent sur les trottoirs. Les poussettes et handicapés ne peuvent toujours pas passer, et au lieu de la verdure d’autrefois, nous avons de la tôle. Le maire a beau rappeler, dans le Journal municipal que l'on ne doit pas stationner sur les trottoirs, personne ne le lit et tout le monde s'en fout.

A l'heure où on nous parle des dangers de la déforestation, de l'urgence à revégétaliser les rues pour éviter les phénomènes de chaleur urbaine, et de troquer nos voitures contre les transports en commun... et ben ici (et partout ailleurs je présume), on fait tout le contraire. 

Et je ne vous ai pas parlé de la nationale ! Pour le coup, on s’est fait avoir de belle façon. L’agent immobilier nous a amenés, et ramenés, par les petites départementales, charmantes et bucoliques. On aurait dû regarder sur la carte, on a vraiment été nuls… En fait, la nationale AutreVille/MaVille est à trente mètres de notre maison. Et il passe environ 300 à 400 camions par jour (je les ai comptés), dont beaucoup de convois exceptionnels (des pièces d’avion, des mobile-homes, des bateaux de plaisance…) ce qui nous cause même des embouteillages car ils ont bien du mal à passer les ronds-points… et beaucoup de pollution !

Car oui, en plus nous avons les odeurs ! Quelquefois, le matin, quand j’ouvre mes fenêtres pour aérer, je referme aussitôt, ça sent le gazole ! Ça dépend d’où viennent les vents. Mais ce n’est pas fini : quand ce n’est pas le diesel, ce sont les engrais, ou les pesticides, des agriculteurs (qui ne sont pas très loin, même s’ils ne sont plus nos voisins directs). Moi je dis : vive la campagne ! C'est aussi pollué qu'en ville, j'en suis sûre. Sans compter les déchets. Rien à faire pour enclencher le réflexe "ville propre" : papiers de bonbons, étuis de glace, canettes, mégots, tout devient sale.

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...et on a des défilés de camions...

Je me plains de voir des voitures partout, mais il est difficile de s'en passer. Le covoiturage pour aller au boulot pour les, au lycée ou à la fac pour les autres, ce n'est pas si facile qu'on le dit. Nous avons très peu de transports en commun vers MaVille (un car le matin, un car le soir, et seulement en période scolaire) or dans le village, il n'y a pas de magasins (heureusement un petit supermarché, deux boulangeries et une pharmacie), ce n'est pas suffisant ; quant aux loisirs (ciné, etc.), aux administrations, aux médecins spécialistes, ils sont tous à MaVille.  

Lorsque mon mari s’est cassé le pied il y a un an… j’ai dû assurer le transport pendant deux mois (alors que je n’aime pas trop conduire) pour tous ses RV (à MaVille bien sûr) : CHU, podologue, radios, etc. Je me dis que lorsqu'on va être vraiment vieux, ça va devenir compliqué, ces allers-retours...

Je rêve de retourner en ville pour prendre le tram, ou au pire le taxi de temps en temps. Mais ce n'est pas possible à cause du prix : on n’a pas les moyens.  

En tout cas, ici, ils ne sont pas prêts pour la lutte contre le climat. La végétation disparaît, tout est bétonné, les engrais et le diesel des camions puent et les jardins sont transformés en parkings. 

Non, vraiment, ils ne sont pas prêts...

 

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16 septembre 2019

CRITIQUE CINEMA : PAULINE A LA PLAGE - 3/10

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Un film de Eric Rohmer (1983 - France) avec Arielle Dombasle, Amanda Langlet, Pascal Greggory, Feodor Atkins, Simon de la Brosse

Pas génial...

L'histoire : Marion, sur le point de divorcer, arrive dans sa petite résidence de vacances au bord de la mer, avec sa jeune cousine, Pauline, quinze ans. Elle retrouve un ex-ami, Pierre, amoureux d'elle depuis toujours, mais c'est avec Henri qu'elle décide d'avoir une liaison. Pendant ce temps, Pauline s'amourache de Sylvain. Et voili et voilou...

Mon avis : Rohmer... parfois le charme opère (admirez la rime). Mais parfois pas du tout. Ici la magie n'a pas fonctionné, je me suis plutôt ennuyée dans l'ensemble. S'il est vrai qu'un film de Rohmer, c'est 90 % de bavardage plutôt intello, la plupart du temps sur l'amour, il s'en dégage souvent une poésie réelle et on s'attache au point d'avoir envie de connaître la fin. Ce n'est pas le cas ici.. Dombasle est (déjà) très agaçante... et les autres ne sont guère mieux. A part la petite Amanda Langlet et Pascal Greggory. Et l'histoire est plus que simplette...

Dommage. 

Ce film a pourtant remporté un Ours d'Argent à Berlin en 1983. Etonnant. Ou snob.

 

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15 septembre 2019

CHRONIQUES D'UN MONDE INCONNU : LA LESSIVE POUR LAVER LA MACHINE A LAVER

Je n'avais jamais eu de souci avec mes machines à laver avant. Et puis, il y a quelques semaines, gros problème. Qui s'intensifiait lessive après lessive. Lorsque je retirais mon linge, au lieu de trouver une sympathique odeur de propre et de de fleurs... une odeur nauséabonde, genre égout bouché ! J'ai cru que la machine avait un problème ; Florent a regardé, mais tout fonctionnait normalement. C'est un machine à hublot : j'ai donc passé tout le joint au vinaigre. Mais rien à faire. Et plus le temps passait, plus l'odeur était forte. Suivant des conseils entendus ici et là, j'ai fait tourner l'engin à vide à 90°. Aucun résultat ! Pire... au fur et à mesure que je continuais obstinément à nettoyer mon joint, je remarquais que les petits interstices étaient emplis d'une étrange matière, visqueuse, rosâtre. Je me suis mise à nettoyer en tirant le caoutchouc pour atteindre les zones entre le joint et le tambour... pouah, mon éponge rapportait plein de cette substance bizarre. Mais qu'est-ce que cela pouvait être ?

Et puis j'ai soudain eu une idée de génie. Tout avait commencé au moment où j'ai troqué mon habituelle lessive poudre ou liquide pour ces "capsules" qu'ils veulent tellement nous vendre, puisqu'elles squattent de plus en plus le rayon. On a l'impression qu'il n'y a plus que ça. J'ai voulu essayer. Ces capsules doivent normalement se dissoudre dans l'eau. C'est pratique : plus besoin de mesurer la quantité de lessive, hop on fiche ça dans la machine et roule ma poule.

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Sauf que... cette matière étrange, ça pouvait ressembler à cette sorte de plastique qui enrobe les doses, un plastique qui serait fondu et qui s'évacuerait mal. Ni une ni deux, j'ai racheté de la lessive liquide pour voir. Premier essai : nickel ! Aucune odeur sauf celle, délicieuse, des fleurs comme annoncé sur le flacon. Ca alors ! Mieux : plus rien dans le joint ! Incroyable !

Depuis je finis d'utiliser les dosettes de temps en temps, mais je n'en rachèterai jamais plus. Sauf on nous les impose, car ce serait tout à fait possible.

Car, en y réfléchissant... depuis quelques temps, nous avons de nouvelles pubs à la télé : des machines qui puent, et des messieurs (c'est toujours les messieurs, les sauveurs, vous avez remarqué ?) qui nous déclarent d'un ton péremptoire qu'il faut ajouter du produit "qui lave la machine". Fallait déjà rajouter de l'anti-calcaire, du désinfectant, maintenant il faut aussi songer à nettoyer la machine quand elle tourne.

Or, par définition, la lessive est un détergent. Si elle nettoie le linge, elle nettoie aussi la machine ! On n'avait jamais vu - AVANT - de machine sale après qu'elle ait tourné ! Et bien ils ont réussi à inventer le concept pour pouvoir nous vendre de nouveaux produits.

Ne vous faites pas avoir ! Moi c'est terminé, je retourne à ma lessive liquide et ma lessive poudre.

La poudre, c'est vraiment démodé ? Oui, je comprends bien votre réflexion. Mais sachez que - si vous avez l'habitude de programmer votre machine pour qu'elle tourne la nuit - certaines ne sont pas conçues pour ça ; à savoir, le liquide que vous mettez dans le compartiment tombe dans le fond, et quand elle se met à tourner la nuit, et bien il n'y a plus de lessive ! C'est peut-être simplement pour ça que vous trouvez que "les lessives ne lavent plus comme avant" ! Lors de votre prochain achat, demandez au vendeur. Ou bien, en cas de doute, utilisez une poudre, elle, elle reste dans le compartiment, elle ne "coule" pas immédiatement.

Malheureusement... la lessive poudre (la meilleure) est devenue plus rare dans les rayons... et très chère...

Société de consommation de mes deux !

Fabriquer sa propre lessive ? Ce sera peut-être la solution... Mais est-ce efficace ? 

Je vais tâcher d'aller voir ce qui se fait. 

Et je vous raconterai comment ma grand-mère faisait la lessive !

 

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14 septembre 2019

SOUVENIRS : SECRETAIRE, MA FILLE, SECRETAIRE !

Dès l'enfance, je passais mon temps à dessiner ou à écrire. Ca n'a jamais cessé. J'aimais tellement ça que lorsqu'il y avait plusieurs sujets de rédaction au choix, je les faisais toutes, puis je choisissais celle que je préférais pour le prof, et je gardais les autres... que j'illustrais. A l'adolescence, cela devenait évident pour moi : je voulais un métier dans la littérature ou les arts. Eclat de rire chez les parents... écrivain ou artiste, ce ne sont pas des métiers, voyons ! Secrétaire, ma fille, tu seras secrétaire. C'était l'idée fixe de ma mère...

A cette époque, nous n'avions aucune information sur les professions, pas de conseillers d'orientation comme aujourd'hui. Dans les magazines des parents, j'avais trouvé une publicité pour une école de formation par correspondance ; ils proposaient d'envoyer un guide gratuit des 100 métiers dont ils assuraient la formation. Je l'ai demandé et j'ai trouvé ça formidable, je l'ai étudié avec passion, un peu en cachette des parents... pas par vice, mais pour assouvir une curiosité et répondre à des questions auxquelles ils ne répondaient pas. Secrétaire, ma fille, tu seras secrétaire (ma mère était secrétaire).

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Film Populaire

Je revenais toujours à la même page : styliste de mode (il n'y avait pas de page "écrivain"...). Cela consistait à dessiner des modèles puis des patrons, pour un couturier. J'adorais imaginer des robes de princesses et les coudre pour mes poupées avec des bouts de tissus. Je trouvais cela formidable et merveilleux d'en faire un métier. J'imaginais ensuite travailler dans une maison de haute-couture (elles me faisaient déjà rêver) ou bien pour le cinéma ou le théâtre !

Réponse des parents : impossible. D'abord pas question de faire une formation par correspondance. Ensuite les écoles adéquates étaient à Paris, donc bien trop chères ; sans compter qu'il était hors de question que je parte toute seule dans ce lieu de perdition à dix-sept ans (j'avais dix-sept ans quand j'ai passé mon bac) et de financer mon logement. Et puis surtout... c'était un métier de rêve, un métier leurre. Ma mère répétait en boucle "1000 candidats, 1 seul poste". Secrétaire, ma fille, ça c'est un bon métier.

J'ai essayé de transiger : je pouvais faire les beaux-arts, dans MaVille... ça ne leur coûterait pas cher. Non, non, tu n'as pas compris : il est impossible que l'on t'autorise à faire des études artistiques. L'art, ce n'est pas un métier.

Je leur ai proposé tout un tas d'autres métiers qui auraient pu me plaire, mais qui n'avaient pas de rapport avec l'art. Absolument rien ne trouvait grâce à leurs yeux.

Secrétaire, ma fille, tu seras.

Eventuellement infirmière ou institutrice. Les seuls métiers de fille envisageables au début des années 70... Mais secrétaire, c'était le top, me disait ma mère. Je pourrai utiliser mes langues, puisque j'adorais ça, et puis je pourrai atteindre le Graal : secrétaire de direction, le bras droit du patron. Ca ne m'enthousiasmait toujours pas. Mais à cet âge, et à cette époque, comment se rebeller contre les parents ? J'étais mineure et je ne me voyais pas fuguer. Pour aller où ? Avec quel argent ? Et puis il y avait ce gros conflit familial : je me sentais la seule capable à empêcher un suicide en série dans cette maison... En partant, je signais leur arrêt de mort.

Alors j'ai été secrétaire.

Et j'ai détesté toute ma vie professionnelle. A part quelques moments.

 

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13 septembre 2019

CHRONIQUE D'UN MONDE INCONNU : LES EMBALLAGES PLASTIQUES

Il ne vous aura pas échappé que le plastique, en ce moment, est LE déchet à bannir de notre environnement. Pour tout un tas d'excellentes raisons, bien évidemment. Mais cette sorte de surenchère médiatique, reprise par le gouvernement... jette un peu de poudre de perlimpin sur tout le reste, comme si la seule évacuation de CE déchet-là allait régler tous les autres problèmes. Ca m'agace...

Des émissions récentes nous ont appris - et pour ma part je suis tombée de haut - que ce que nous trions consciencieusement pour le recyclage est en fait envoyé en Asie du Sud-Est, soi-disant mieux équipés que nous pour procéder à ce travail. On ne comprend pas très bien pourquoi ils sont en avance sur nous et pourquoi nous n'avons pas nos propres usines... mais, pourquoi faire simple quand on peut faire compliqué ? Bref. Toujours est-il que, depuis peu, ils sont tellement submergés par nos détritus qu'ils n'en veulent plus et nous les renvoient par conteneurs. L'histoire ne dit d'ailleurs pas ce que nous allons en faire. Des usines seraient en cours de fabrication, illico presto, mais a priori elles ne pourront gérer qu'un quart de ce que nous consommons...

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Bien. Nous verrons ce qu'il en est dès que possible. En attendant, on nous suggère quelques solutions, tant il est vrai que c'est le consommateur qui est responsable et que c'est à lui de faire des efforts. Alors comment faire pour ne plus utiliser de plastique ?

Utiliser du papier ou du bois : pour mettre ses achats, pour les futurs coton-tiges et pailles (dont le plastique sera interdit), pour les gobelets, etc... OK. Mais s'il nous faut déforester davantage pour produire plus de papier et de carton, je ne comprends pas bien où il y a un progrès.

Acheter en vrac. Ca, c'est bien un truc de bobo parisien. Acheter en vrac ! Quelle rigolade ! Moi, dans le petit supermarché de ma cité-dortoir, il y a bien des robinets à vrac, mais sont disponibles uniquement des amandes, des pois cassés, des lentilles. On ne va pas aller très loin avec ça. Il paraît qu'il faut venir avec ses contenants en verre pour mettre ses légumes, sa viande et son poisson. OK. J'imagine que le supermarché va devoir tarer quatre récipients pour chaque client... il va falloir embaucher du personnel, les gars ! Et puis le verre, c'est lourd et ça casse ; manipulation malaisée et mal de dos en perspective.

Alors oui, bien sûr, celui qui habite dans un petit quartier commerçant d'une grande métropole, il peut faire ça ! Il va chez son boucher, puis chez son poissonnier et hop. Mais nous, dans les régions, dans nos villages, on n'a plus de petits commerces. On fait comment ? 

Du temps de nos grands-mères, c'était beaucoup plus simples : les bouteilles lait, vin, bière étaient en verre et consignées... Ce n'était pas compliqué car les sodas et tout ça n'existaient pas. Par ailleurs, pour le reste, comme elles ne travaillaient pas et qu'on disposait à l'époque de petits commerçants, elles allaient faire leurs courses tous les matins, ou le marché le vendredi, avec leur panier et leurs bocaux. 

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Alors on fait comment ?

Pour les emballages, depuis plusieurs mois on nous parle du papier ciré (les start-up en produisent à foison !), à base de cire d'abeille. Super pratique, léger, lavable plusieurs fois, malléable et 100 % écolo. D'accord. MAIS je croyais que les abeilles étaient en voie d'extinction ? La cire d'abeille va disparaître ou, au mieux, elle va devenir super chère... et ne pourra être achetée que par les riches. C'est quoi le plan en fin de compte ?

En ce qui concerne la salle de bain, on nous demande de virer tous nos flacons et d'opter pour une version solide de nos produits : démaquillant solide, shampooing solide, gel-douche solide. Moi j'appelle ça du savon. OK, pourquoi pas ? Sauf que ceux qu'ils commencent à vendre sont deux fois plus chers que ce qui existe actuellement. Youpi. Encore un truc de bobo. Ils ont inventé aussi le déodorant et le dentifrice solides. Comme dit mon mari : mais il va falloir disposer des petites coupelles partout pour ranger ces produits ? Ben oui. Mais ce n'est pas très grave. J'attends moi qu'ils nous trouvent des solutions pour 1. que ce soit moins cher et 2. qu'ils nous concoctent des crèmes hydratantes solides, du désinfectant solide, de l'after-shave solide, de la crème solaire solide, du parfum solide, etc. etc. Ou alors, le plus simple : on prend juste le savon, et on fait tout avec. On ne se met plus de crème, on ne se parfume plus et on ne se maquille plus. Comme nos arrière-arrière-grand-mères (et encore, elles avaient droit à l'Eau de Cologne) ! Après tout pourquoi pas ? On peut lancer une mode.  

Allez L'Oréal, on se met aux produits solides et emballés dans du papier et vite ! Mais à des prix raisonnables, hein ?

Tout cela n'est guère compatible avec la vie que nous menons, c'est ça le gros problème. C'est pourquoi j'affirme que c'est TOUT NOTRE MODE DE VIE qui doit changer. Mais que personne n'a le courage de l'annoncer. Car cela fera beaucoup de dégâts économiques et financiers et là... on est en plein dans ce monde inconnu qui nous attend...

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CONCLUSION : On n'est pas prêt de résoudre le problème avec des mesurettes pareilles. Il faut que les entreprises planchent urgemment sur le problème des emballages plastiques !

Pour le moment, je ne vois qu'une solution : revenir au XIXe siècle, avant la révolution industrielle.

Etes-vous prêts ?

En ce qui me concerne, pour les courses, je n'ai pas de solution. Pour la salle de bains, je vais tenter le savon de Marseille pour plusieurs usages et renoncer à tout ce qui est flacon-pompe par la même occasion. Pour le reste... tant qu'on ne me donne pas d'alternative qui puisse s'inscrire dans mon budget, je ne vois pas trop ce que je peux faire...

Vous avez des idées ?

 

 

 

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12 septembre 2019

CRITIQUE CINEMA - THE RED RIDING TRILOGY : 1974 - 5/10

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Un film de Julian Jarrold (2009 - USA) avec Andrew Garfield, Sean Bean, Rebecca Hall, Eddie Marsan, Anthony Flanagan, Peter Mullan

Banal.

L'histoire : Un jeune journaliste ambitieux enquête sur la disparition de petites filles, dans une région d'Angleterre où la corruption règne en maître...

Mon avis : Ambiance sombre et glauque, mais l'intrigue reste assez banale. Collusion entre pouvoirs et pratiques immondes. C'est dur mais, malgré tout, on a vraiment une impression de déjà vu. La faute à la mise en scène sans doute, sans effet choc, sans fausses pistes, sans suspense.

Le film fait partie d'une trilogie, chaque épisode exposant la même histoire du point de vue d'un enquêteur différent, à une époque différente. Riche idée, en réalité inspirée par un roman en quatre parties de David Peace, qui s'inspirait des méfaits d'un serial killer qui terrorisa l'Angleterre : l'éventreur du Yorkshire.

Belle reconstitution des années 70, on s'y croirait ! Plusieurs fois je me suis soudain fait la réflexion : "Mais comment Andrew Garfield peut-il être dans un film des années 70 ?" !!! Tout y est, la mode, les décors, les voitures, et un léger filtre sépia donne l'impression d'un film qui a vieilli. Impeccable.

 

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11 septembre 2019

SOUVENIRS : UNE EDUCATION CATHOLIQUE

Mes parents étaient complètement athées. Pas de crucifix, pas de crèche à la maison, pas de messe, et des ricanements quand j’osais émettre l’idée que peut-être « il y avait quelque chose » ; ils observaient juste les rites catholiques pour les mariages et les enterrements, sans se poser de question. C’était comme ça, c’était la tradition, c’était le peu qu’ils avaient conservé de la pratique de leurs parents, tous les quatre fervents catholiques. Les temps changent. La génération de mes grands-parents était dévote et puis tout s’est perdu peu à peu.

Pourtant, que la situation était ambiguë et paradoxale ! En effet, ils m’ont envoyée à l’école catholique, chez les « bonnes sœurs » du CE1 jusqu’à la Terminale ! Toute petite, cela ne me posait aucun problème, puis quand j’ai compris que la religion qu’on m’enseignait n’était absolument pas prise au sérieux par mes parents, je leur ai posé des questions. Ils m’ont répondu que l’école catholique était meilleure que l’école publique, que les enfants y étaient mieux éduqués, mieux surveillés, mieux protégés. C’était leur seule motivation. OK.

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Film : Un poison violent

Comme il fallait, au travers des cours de catéchisme qu’on nous donnait à l’école, complétés par d’autres leçons à la paroisse locale pour la préparation de la petite communion, puis de la grande, et de la confirmation… ils ont « joué » le jeu. Encore une fois, ça restait la tradition. Rien de plus, rien de moins.

Moi j’aimais bien l’Histoire sainte ! Je croyais tout ce qu’on me disait, je trouvais ça formidable et j’adorais ces jolis paysages illustrés dans nos livres : les rives du Jourdain, la Jérusalem antique. Et j’adorais ma « chère sœur » du primaire (il fallait qu’on l’appelle comme ça), qui était à la fois ferme et très gentille.

J’adorais chanter. Quand j’avais fini tous mes petits livres de comptines… j’attaquais les cantiques ! Au grand désespoir de mon père…
A partir de la sixième, j’ai fréquenté une institution très bourgeoise au nord de la ville alors que nous habitions au sud (j’avais trois quarts d’heure de trajet, matin et soir…). Uniforme, confession le jeudi, messe le vendredi et des religieuses plein les couloirs. Mais pas que. Nous avions aussi quelques professeurs « laïques ». C’était une excellente école, je l’ai beaucoup aimée et j’approuve totalement le choix de mes parents. Les sœurs étaient sévères mais justes, intransigeantes mais bienveillantes.

La cantine était horrible… Mais le soir, après les cours, on nous donnait un goûter : un morceau de pain avec une barre de chocolat. Que je mangeais dans le car scolaire qui me ramenait à la maison.

C’est là-bas que j’ai connu mes deux meilleures amies, Sofia et Flora, deux sœurs, que j’ai toujours le bonheur d’avoir auprès de moi aujourd’hui. Sofia est la plus proche de moi, nous étions dans la même classe. Flora est sa petite sœur, mais quand Sofia s’est mariée, je me suis beaucoup rapprochée de Flora car nous étions toutes les deux célibataires et nous sortions faire la fête ensemble ! Aujourd’hui nous avons formé le « Club des trois Marmottes » et nous nous réunissons régulièrement pour papoter pendant des heures. Je les adore.

Sofia était très croyante (elle l’est toujours) et nous avions, adolescente, des discussions passionnées. L’influence de mes parents avait fait son œuvre, je me considérais comme agnostique (ce qui comportait néanmoins une petite différence avec eux). Je me plaisais à la provoquer, à tenter de lui prouver que les miracles, ça n’existait pas, que la Bible était un ramassis de textes éparpillés, dont personne ne pouvait prouver l’authenticité. Et elle aimait ça ! Elle disait que ça remettait sa foi en question, ça l’obligeait à réfléchir, ça la bousculait. Elle m’a ainsi emmenée dans un groupe de jeunes chrétiens qui se retrouvaient régulièrement autour d’un prêtre (super sympa) pour discuter. J’étais la seule « non-croyante » mais accueillie à bras ouverts ! Eux aussi trouvaient formidable que l’électron libre que j’étais leur pose des questions pertinentes auxquelles ils essayaient de répondre puis de me convaincre. C’était extrêmement enrichissant. Et mon absence de foi n’a jamais perturbé Sofia le moins du monde. Encore maintenant, nous en discutons, elle connaît mes doutes mais aussi mon aspiration à une certaine spiritualité que j’ai du mal à définir, mes doutes, ma recherche de la « Lumière », comme elle dit joliment. Flora est comme moi, ni croyante, ni athée.

J’ai vécu toute cette période en communion avec les milieux religieux comme un profond enrichissement et la source de nombreux échanges, tolérants, ouverts, avec le monde chrétien.

J’ai par contre beaucoup souffert de l’uniforme. Et puis d'aller à la messe tous les vendredis (avec l'école). Et à la confesse ! Je n’ai jamais aimé les contraintes, je suis très indépendante, depuis l’enfance, très rebelle, très « contestataire » comme disait ma mère. Je m’efforçais toujours de tricher un peu (un col blanc au lieu du bleu ciel préconisé, une jupe un peu trop courte, une blouse non boutonnée, des chaussures à plateforme…) ; les bonnes sœurs me réprimandaient et j’avais toujours de mauvaises notes de « conduite ». Ma mère n’était pas contente, mais j’ai toujours été comme ça toute ma vie. Insoumise, indomptable. Mais aussi plutôt gentille, ce qui m’a toujours permis d’arrondir les angles.

Pour en revenir à la religion, c’est un sujet qui me passionne et je lis beaucoup de livres sur ce thème. J’ai été frustrée pendant ma jeunesse de ne jamais pouvoir en discuter avec mes parents qui ne voyaient pas l’utilité de débattre de ces questions.

Maintenant je me rattrape et je revendique cette recherche. Et certains petits rites de la religion catholique me plaisent infiniment. J’aime allumer une bougie ou un cierge dans les églises, de temps en temps. J’aime le Notre Père qui est la plus belle prière du monde. J’aime les chapelets et le signe de croix. Je me plais dans cette dualité croyante/pas croyante et je voudrais tant un jour être touché par la Lumière de ma chère Sofia…

 

Posté par GirlyMamie à 08:33 - - Commentaires [0] - Permalien [#]